L'APL pour les étudiants



Les règles propres aux étudiants
Les étudiants ont droit aux aides au logement dans les conditions de droit commun, avec trois particularités. D'abord, seules vos ressources personnelles comptent, pas celles de vos parents — sauf les pensions alimentaires qu'ils vous versent, qui entrent dans vos ressources. Ensuite, si vos parents touchent des allocations familiales pour vous, celles-ci s'arrêtent quand vous demandez l'aide au logement : il faut choisir, en comparant les deux montants, parce que vous ne pouvez pas cumuler les deux pour le même enfant. Enfin, si vous gardez votre logement l'été, votre Caf vous interroge en fin d'année scolaire : sans réponse de votre part, l'aide s'interrompt fin juin.
Un numéro dédié aux étudiants existe : le 09 69 32 52 52. C'est le bon réflexe quand votre situation ne rentre pas dans les cases habituelles — colocation, résidence universitaire, stage à l'étranger, année de césure.
La réforme du 1er juillet 2026 pour les étudiants étrangers
Un décret publié au Journal officiel du 28 juin 2026 a modifié les conditions d'accès aux aides au logement pour certains étudiants étrangers. Depuis le 1er juillet 2026, les étudiants ressortissants de pays hors Union européenne, hors Espace économique européen et hors Suisse, titulaires d'un visa long séjour ou d'un titre de séjour portant la mention « étudiant », ne peuvent plus bénéficier des aides au logement s'ils ne sont pas titulaires d'une bourse sur critères sociaux. La mesure vient de l'article 179 de la loi de finances pour 2026, et le décret n° 2026-552 du 27 juin 2026 en précise la gestion par les caisses.
Trois aides sont concernées, pas une seule : l'APL d'abord, mais aussi l'ALS et l'ALF. Pour un étudiant, la question n'est donc pas de savoir laquelle il touchait : les trois obéissent désormais au même critère de nationalité et de bourse. Les étudiants venus d'Europe — Union européenne, Espace économique européen, Suisse — ne sont pas touchés par cette réforme.
Qui garde le droit, malgré la réforme
Restent éligibles : l'étudiant international boursier sur critères sociaux ; l'étudiant qui exerce une activité professionnelle ; l'étudiant en contrat d'apprentissage ou de professionnalisation ; l'étudiant réfugié ou apatride ; et le conjoint d'un étudiant extracommunautaire. Ces exceptions sont cumulatives avec les conditions de droit commun : il faut toujours un logement décent, une résidence principale en France et des ressources ouvrant un droit.
Le point le plus brutal concerne les droits déjà ouverts : d'après la Caf, un étudiant qui percevait déjà l'aide et ne remplit plus les nouvelles conditions voit son droit prendre fin à partir de juillet 2026. Aucune période de transition, aucun maintien jusqu'à la fin de l'année universitaire. Pour beaucoup, la dernière aide versée a été celle de juin. En revanche, la réforme ne transforme pas les aides régulièrement versées avant cette échéance en indus : une demande de remboursement portant sur une période antérieure doit être examinée indépendamment.
Que faire si vous êtes concerné
Si vous perdez le droit, trois pistes méritent d'être explorées vite : une activité salariée, même à temps partiel, peut rouvrir le droit ; une bourse sur critères sociaux du Crous, si vous remplissez les conditions, change votre situation ; et la garantie Visale peut faciliter l'accès à un logement sans aide, en rassurant le bailleur. Les Crous et les services sociaux universitaires peuvent aussi orienter vers des aides d'urgence et des résidences à loyer modéré. Quand le gouvernement a présenté la mesure, en octobre 2025, le ministère de l'Enseignement supérieur l'a chiffrée à 3 % des 3 millions d'étudiants présents en France : c'est une minorité d'étudiants, mais une part importante des étudiants internationaux.
Sources : Service-Public, suppression des APL pour les étudiants extra-européens non boursiers à compter du 1er juillet 2026 ; décret n° 2026-552 du 27 juin 2026 (Journal officiel du 28 juin 2026) ; caf.fr, APL : ce qui change pour certains étudiants à partir du 1er juillet 2026 ; article 179 de la loi n° 2026-103 du 19 février 2026.